Les yeux et le coeur

« Je n’avais aucune autorité sur vous si ce n’est que je vous ai appelés et que vous m’avez répondu. »

Ibrahim, 14:22. 

 

Une connaissance qui t’est sympathique t’a un jour dit qu’à force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. Effectivement, vous vous êtes brûlés plein de fois. Enfin surtout toi. Et tu t’es relevée malgré tout et tu as continué. 

Mais tout cela t’avait marqué. La façon que tu avais de faire des choses pas correct. À chaque fois, comme si tu devais le refaire milles fois. Et puis tu ne comprenais pas, on aurait dit que tu étais contrainte par un lien invisible. C’était comme un engagement. Ça ne ratait que rarement à un moment puis tu étais souvent rongée par le regret mais tu recommençais. 

C’était comme une drogue, l’autodestruction. Cela consistait à faire des choses qui ne te correspondent pas, à fréquenter des gens avec qui tu ne t’entends pas, à boire jusqu’à l’épuisement alors que tu n’en as pas envie. A consommer à outrance. A te vautrer dans le vice. 

" - Tu t’ennuies ? Ohhh.. Lis un livre bordel ! " te soufflait inlassablement une voix en ton fort intérieur.

Et c’est ce que tu faisais mais on t’appelait et tu y allais. Puis tu as la chance d’être bien née, d’être belle et d’avoir à ta disposition tout ce que tu veux et plus encore.

Eh ben non. Tu es tout de même au bout du rouleau et tu ne sais pas exactement pourquoi. C’est comme une épreuve, un examen du tout puissant. 

Tes parents sont gentils, ils sont bienveillants, ils sont même accueillants et toujours souriants. Tu n’as pas eu d’enfance traumatisante. Mais il y a quelque chose qui ne va pas.

Et puis il y en a d’autres à qui tout réussit, qui ne sont pas bien nés et qui ne se sont pas noyés dans la vodka pour autant. Ils sourient à la vie et la vie leur sourit à son tour. Ils ont les cheveux brillants et de beaux projets. Ils ne sont même pas spirituels et ne réalisent aucune forme de rituel, ils cassent la baraque, un point c’est tout.

Arrivée à la moitié de ta vie, tu te dis que tu n’as toujours pas compris. Tu es globalement moins capricieuse et plus sage. Tu découvres les vertus de la patience et tu te donnes à fond. Tu prends ton temps et tu n’abandonnes jamais. 

Tu es partie, tu as fais ce qui était en ton pouvoir pour revenir à un équilibre. Tu apprends tous les jours de tes erreurs. Tu es contente parce que tu es souvent seule et tu fais presque tout toi même. 

Maintenant ton rêve suprême c’est de ne plus faire de choix basés sur la peur mais de toujours faire des choix basés sur ton cœur. Tu n’es pas la seule, tu le sais maintenant.

Et dans tes yeux presque noirs, si on prend la peine d’y plonger son regard, on peut presque lire ; que ton souhait le plus cher, c’est d’être fière, le jour où tu quitteras la Terre.


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